22 mai 2018

Newfound Home


Cozy up, come near my dear
The sun has come out, it’s been a while
You will be the first, possibly the last
To know how deeply wounded my soul is

Through this life, and the ones before
I have wandered in love and loneliness
I have forgiven and nourished hatred
How long has it been that I feel so lost?

Cozy up, friend, lover, who cares
You have been here for the present seconds
And no one else believes my heart rescuable
But you simply stare into my eyes and sense

Through them all, I was in between
Myself and the world, my mind and theirs
Giving for their smiles and receiving goodbyes
I was not meant to break this many times

Cozy up, please don’t leave
I want to believe in a better tomorrow
If there is light, then I want to see it
Stay with me to the end of this eclipse.

Joanie Thériault – 22 mai 2018

Mai

Vents aux branches
Soif, arôme d’amandes
Confort.

Joanie Thériault – 21 mai 2018

8 mai 2018

Envol


Sa chambre était annexée celles des autres par des panneaux mobiles de papier. Alors que le silence, accompagné du courant de l’air froid qui circulait, imprégnait l’espace de sa lourdeur, un bruit sourd et lointain s’éleva. Soudainement, un cri lent suivi d’un rire sombre traversa les murs.

« Il arrive. » murmura un adulte précipitamment. « Préparez-vous, il cherche les âmes affaiblies… »

Du coin de sa pièce, Lilyan ne voyait que les ombres peindre les murs de sa chambre. Les arbres dansaient avec les faisceaux de la lune et les lampes restées allumées dans la maison. Elle s’était emmitouflée d’un mince drap qui ne lui offrait que réconfort. Il arrive. Son cœur battait la chamade. Personne ne s’occupait réellement d’elle et elle se savait faible. Depuis quelques jours déjà, elle appelait la mort de prières secrètes. Elle se savait une proie facile.

Le son perçant d’une voix glaciale se faufilait de plus en plus près de la jeune fille. Malgré son souhait, Lilyan était terrifiée. Elle connaissait les rumeurs, les légendes. Il la trouverait sans faute. Il l’arracherait. Il changerait le cours de sa destinée pour toujours.

Le vent s’infiltra d’une bourrasque sèche alors que quelques fenêtres éclatèrent sous la pression de son arrivée. Il était entré.

Sa silhouette était allongée, recouverte d’un vêtement noir de jais, sans réelle forme. Les extrémités semblaient s’évaporer dans une poudre sombre et floue, suivant ses mouvements lents et calculés. Lylian sentit son corps trembler alors que ses épaules s’arrêtèrent sur le mur derrière elle. Dans sa surprise, elle avait légèrement ouvert la bouche, retenant une inspiration de son visage crispée. Il s’approcha de son corps.

Les quelques secondes qui suivirent semblèrent avoir une durée figée dans le temps. Une vague de froid intense se glissait dans ses artères, du bout de ses orteils et de ses doigts jusqu’à l’enclosure de ses lèvres. Elle laissa échapper son souffle qui apparut comme une brume dans l’air glacé. Un sentiment profond l’envahissait. La peur, l’effroi? Non. C’était bien plus que ça. L’émotion qui l’habitait se nommait « Terreur ».

La silhouette offrit son visage à un rayon lunaire qui jusqu’à maintenant avait séparé les deux personnages, telle une ligne invisible qui protégeait Lilyan du mal… Le visage d’un homme, blanc ivoire, presque translucide, se tenait à quelques centimètres de la bouche de la jeune fille. Un sourire tordait ses lèvres découpées à la perfection. Son regard perçant d’azur soulevait un sentiment étrange qui rendit Lilyan perplexe… Le vide, les profondeurs océaniques, l’infini, l’abandon de tout espoir… Elle se sentait attirée par cet homme qui n’en était pas réellement un.

Il crispa les coins de sa bouche à nouveau, comme s’il était satisfait de sa trouvaille. N’importe qui d’autre aurait reconnu le sourire d’un être avare et malicieux, mais Lilyan comprit qu’elle serait libérée. Ses lèvres formèrent un sourire timide. Elle murmura, comme si elle tentait de lui chuchoter un secret à l’oreille.

« Je le veux ».

L’être ténébreux se faufila plus près de sa joue et esquissa un nouveau sourire qu’il accompagna d’un rire creux. La voix s’enfonça dans la chair de Lilyan comme un aphrodisiaque et prit possession d’elle. Elle se sentit faiblir. Son corps se défit de toute tension et s’affaissât sur le sol. L’image devant elle s’effaça et ses paupières tombèrent pour une toute dernière fois.

Joanie Thériault - 2-6 mai 2018 (inspiré d'un rêve)