31 mai 2017

Et tu disparais…



Un songe, celui de t’avoir chéri
J’ai cru, j’ai voulu, j’ai souhaité
Je te connaissais, ton reflet
Un visage éclairé par la ferveur

Je sommeillais, telle une enfant
J’oubliais la réalité, les tourments
Des jours qui se succèdent et m’enchaînent
Je te connaissais, je croyais

Les yeux fermés, les paupières cernées
De veines boursoufflées
Ton arôme, exaltante, m’a soulée
Je n’y voyais rien, je me savais saine

Les heures sauvages
J’ai hurlé en chœurs aux orages
Je nous savais vivement perdus
Pourtant, je restais émue

Ton regard enflammé
Était-ce d’affection ou de courroux ?
Je te connaissais, jadis, nous étions doux
Et c’est l’union qui nous a noyé

Je m’éclipsais de notre vérité
Je délirais, je cachais fermement
Dans ces espérances futiles
Je nous connaissais fragiles

Suant nos pleurs, nos peurs
Il a fallu mettre fin
Car intérieurement, je meurs
Et toi, tu disparais…

Jozanie – 30 mai 2017


Les chemins d'errance

Je tends le bras vers une aube dans mes souvenirs plus lumineuse
Mais l'aurore est sombre et bleutée
Ce n'est pas le printemps
Le ciel est dépossédé de sa magie
Et mon coeur est vide aussi

Des échos, jusqu'à en devenir mon nom
Tout était pourtant si beau
Au milieu du chaos
La lutte pour la vie
A quelque chose de magnifique

Et même mes tragiques
Avec leur goût de sang
M'ont laissée bien abîmée pourtant
Il y avait quelque part cette
Beauté de l'agonie

Mais où suis-je aujourd'hui
À travers cette absence
Seules la colère et la chance
Me gardent encore
Un peu en vie

Et envahie par l'ennui
Je prends de longues vacances
Sur les chemins d'errance
En espérant encore
Quelques parcelles de vie.

Marie T., 24 et 27 février 2014

Dans le creux

Mes yeux se ferment et je contemple un abîme céleste
De firmament doré
J'entends une musique par la fenêtre
Dehors dans la nuit
Mais je refuse de replonger dans le creux de la folie
Les loups n'hurleront pas pour nous
Je me blottis contre Dieu car c'est la seule chose en laquelle je crois
Je pense, je suis, j'ai une âme et je m'évanouis
Au champ de bataille nous ne partons pas tous égaux
Et au creux de la mort
Nous trouverons enfin la vie.

Marie T., 9 août 2016

Tisane

Tisane nocturne pour anesthésier le trou béant que j'ai dans le cœur.

Le vide, la mort que tu m'as laissée
Dans ton silence
Inexpliqué.

J'ai tout écrit, déjà, je crois
Mais il n'y a que la nuit pour me répondre
Je t'aimais, tu es parti et je te hais
Tu n'es maintenant plus qu'une ombre

Bientôt Novembre, quelle ironie
Je crois que l'automne me rattrape
Silence, ma vieille compagne de route
Qui revient amoureusement me couper le souffle

Un nuage de crème dans ma tasse
Vanille chaude dans nuit vide
Les mouches autour comme si je me décomposais déjà
Et une araignée au plafond qui ne dort pas

L'espoir apporte la misère
Alors je me parerai de ce vide que je connais
Car tant qu'il y aura ce parfum de vanille
Rien ne pourra m'atteindre
Et pour quelques minutes de plus je survivrai...

Marie T., 25 octobre 2014

30 mai 2017

Déclencher la tempête

Je suis la tempête
Qui déverse ses larmes
Sa fureur si bête
Et je suis l’arme!

Ultime frayeur de faillir
Étreinte par toute l’horreur
Et loin là, le désir de mourir
En dessous, fait ressentir toute sa peur

Je suis la tempête
Qui hurle le silence
Recroquevillée sur tout mon corps svelte
Je ne ressens que votre décadence

Ultime besoin des yeux
De ceux qui me réveillent
Je les ramènerai dans mes cieux
Et les admirerai jusqu’à la veille

Je suis la tempête
Ne me laissez pas en solitude
Moi qui suis bête et svelte
Ou je déverserai ma plénitude.

Jozanie – 29 avril 2008

29 mai 2017

Hidden



Je me cache dans ses yeux
Une frayeur inconnue
Celle d’être reconnue
Et qu’on nous demande les « adieux »

Je ne suis que visage
Et je ne laisse rien
Approcher le vrai lien
Nous ne voulons cesser le mirage

Et c’est tous les détails
Observé chaque soir
En prière au miroir
Pour que jamais on nous aille

Je me cache, le vrai moi
Derrière ce « nous » symbolique
Que nous implorons pour rester mystiques
Je me cache de toi…

Jozanie - 24 avril 2008