31 janvier 2017

Ses yeux

Le soir j'attends patiemment
que l'on m'emmène au vent
il arrive dans un cortège bleu
et me transperce l'âme de ses yeux

Jozanie - 31 janvier 2017

25 janvier 2017

Faux dieux

Notre ère est une grande dépression, notre Terre, un champ de bataille. Nous sommes des êtres en agonie, avec une rage de vivre comparable à mille feux. Nous sommes des étoiles, nous défions les dieux.

Nous sommes le rouge, le sang, les veines. Le coeur de ce monde à moitié détruit. Nous sommes anarchiques, au nom de l'humanité. Nos yeux sont grand ouverts et nos coeurs ne vont pas s'arrêter.

Une cendre blanche tombe comme une neige d'après-monde sur la ville usée. C'est la guerre, mon amour. Dans les rues hostiles, nous sommes devenus les enfants violentés d'un État salopé.

Mais nous, révoltés, resterons unis. Malmenés et à genoux, nous resterons grands et fiers. Ils ne connaissent pas cette force invisible, cette flamme que nul ne peut éteindre. Ils ne connaissent que la force vile et vicieuse. Mais seuls nos mots resteront gravés.

Que les clochers sonnent une justice nouvelle, que nos voix s'élèvent jusqu'au ciel. Déjà trop de sang a coulé à mes pieds. J'essuie mes larmes et je me rendors, alors qu'autour de moi, la Terre tremble déjà. Je n'entends que l'écho de leurs cris dans mon esprit. Je sens leur douleur jusqu'en mon âme.

Faux dieux, prenez garde. Autour de moi la colère gronde.

Marie T., 1er juin 2013

21 janvier 2017

Enrhumée



La tête tourne, et je me
Retourne, constamment
La nuit j’étouffe, je pleure
Et je fuis

La tête qui enfle, qui danse
Au rythme des tempes qui trempent
Mal de mer au sein du navire, du lit
M’étourdit sans cesse

La tête qui gonfle, qui fend
Le cœur en trompe, l’air n’atteint pas
Les globes enflés, le nez qui tombe
La maladie m’emporte.

Jozanie – 21 janvier 2017

17 janvier 2017

Les roses fanées

Les roses se fanent
Les roses rouges
Ce caprice du temps
À balayer tout de la vie
N'arrivera pas à enlever la beauté
La beauté immortelle
Des roses fanées...

Les roses se fanent
Les roses vermeil
Elles meurent comme un soleil couchant
Dans la beauté d’un ciel de sang
Les pétales s'accrochent
La nuit se lève
Et elles se raidissent comme on raidit au vent
Elles tombent dans le grand sommeil
Des roses fanées...

Les roses se fanent
Les roses noires
Elles sont mortes comme trépasse un enfant
Quand se lève la grande nuit
Elles sont d'ébène et d'ecchymoses rougies
Infiniment fragiles
Mais même au coeur des roses fanées
Une étoile continue de briller
Car pas même la mort
N'arrivera à enlever la beauté
La beauté immortelle
Des roses fanées...

Marie T., 30 janvier 2008

15 janvier 2017

Beloved Sky



Oh Beloved Sky,
Hasten to drown into your Moonlight once more
I pray your Stars still shine

Embrace me with Love for the Sin,
Of celestial Goddesses forbidden Wishes
As long as you blind us by Beauty

I pray for you to seek Truth
And never you deem unreal Faith
May I cuddle into the curtain of Night

As a child, I remember admiring the Moon
You stole my Soul after the tear pulling Dusk
And forever kept my Heart enlighten.

Jozanie - 8 mai 2013

14 janvier 2017

Bloody Mary

Voile chaste de mes cheveux noirs
Je danse nue dans ton miroir
Au milieu de la nuit
Avec ceux dans mon esprit

Tout devient sombre
Et l'ébène de mon halo
Me rapproche encore plus
De l'âme de Novembre

Parfums de boisés et de mer morte
La rivière fantôme coule doucement
Dans ma tête, la folie à nos portes
Elle oscille dans mes mouvements

Jupe rose de ballerine
Corps dévêtu et perdu
Mais je suis bien-aimée dans cet abîme
Si loin du monde que j'ai connu

Les échos murmurent, ils sont toujours là
Je suis elle, où suis-je, je ne suis plus
Et je continue de danser, les bras au-dessus de moi
Tendus au ciel, l’esprit en croix, avec Jésus

Je suis lentement la cadence
Du reflet de ma démence
Elle oscille dans mes mouvements
Et je danse

La nuit si profonde qu'elle devient blanche
C’est là où je vois la princesse aux cheveux noirs
Entre octobre et novembre fut son havre
Mon alter, ma Bloody Mary, mon cadavre.

Marie T., 28 mai 2014

Rêves vivides

Flots de massacres, rage et sang
Je tente de fuir, m’abriter
De l’assassine aux yeux exaltés
De moi-même, de celle qui ressent

Dans ces rêves, je la vois
De haine, je l’appelle Malheur
Et je me nommerai Terreur
Je m’assurerai de sa perte au convoi

Vivides moments de frénésie
Tous ces désirs secrets de l’éveil
Se traduise en violence au sommeil
Pour qu’il ne reste plus rien de son sosie

Jozanie – 14 janvier 2017

12 janvier 2017

Romanticide Drive

"Well, well, this is hell
99, Romanticide Drive
2 lives ago we were alive

Et même si je t'aimais à la folie
Destin noir a surgi
Rends-moi mon coeur déchiqueté dans la nuit"

It's the sad melody I hear in my head
When I cross the empty streets, cold and dead...

Marie T., 10-11 mars 2016

9 janvier 2017

Love like homicide

A burnt-to-ashes paradise
A sky full of murdered stars
I hope you're dead inside
And I wish you love me still
But your love sounded like homicide
One day, you'll see, I shall rise
May God reunite our scars
And may the devil kill

But the devil's in us
The devil's in us...

I carry in my soul the strenght of the world
As in the dark you slowly vanish
Somewhere in me you're still my ghost
But remember, I always win
You're the emptiness, the void
My everything and my last wish
And I become again the Cold
"I don't fear the Winter, I don't fear the wind"...

Marie T., 27 juillet 2015 & 15 mars 2016

Secrets

I still sing the ocean's song
Long after everything's gone
My undone heart lost somewhere
In a past where you still care
In blue waves of memory
Sometimes it echoes to me
My secrets will live for long
In my poems
In my bones.

Marie T., 13 septembre 2015

De seule folie

Ma tête s’embrouille
Encore une fois je me débrouille
Pour dissiper l’effroi
La peur, la folie, le froid
De moi-même, encore une fois
De sortir de l’ombre avec foi
Que tu me reviendras peut-être
Et que seule, je n’aurai plus à être
Et pourtant, tristement et sûrement
Lors de ces tourments
Dans l’abysse de ma conscience
Je suis pressée de trouver l’essence
Qui nous réunira de nouveau
Pour que cette glace fonde à l’eau
Pour que la peur ne remplace plus
Le contrôle que nous avons déjà perdu
Et pourtant, si seulement tu étais là
Je n’aurai pas se sentiment si las
De t’avoir attendu si longtemps
Alors que de folie je sombrais tant.

Jozanie – 13 février 2010

Assez

Assez. C'en est assez
Les au revoir incessants
Les hurlements déchirants
Cette incapacité à contrôler

Calme, doucement, voilà
Faire taire la flamme
Tue les désirs de l'âme
À la dérobée, éteins-toi

Soupire, un peu, profondément
Retrouve la berge paisible
Cet endroit impossible
Ton garde contre la démence

Assez. C'en est trop
Des adieux alarmés
Des souvenirs brisés
Aux seins de cris théâtraux

Repose tes yeux cernés
Ferme-les sur ceux qui chialent
Abrite-les de l'épais voile
De larmes, suffisamment baignés

Jozanie - 6 août 2013

Virevent

Matin gris de grands vents morbides
Les flocons tourbillonnent en milliers de projectiles
Mais ce n'est pas là que le péril réside
Un dessein sombre, une mort tranquille
O Silence d'hiver, comme sous la terre
Le mauvais sort, cette brise du Nord
Vole, virevolte, âme égarée
Virevent volant, vent de janvier

La longue complainte hivernale
Nous plonge dans son gouffre abyssal
Une brise austère sera notre tourment
Venant pourtant du ciel, et nous frôlant froidement
Les joues, les cheveux, la conscience
Nous survivons dans cette absence
La rue en champ de bataille déserté
Sans âme qui vive, limbes décolorées
Comme si un dieu morne et suicidaire
Avait élu son domicile sur Terre

Et le vent virevolte comme une âme perdue
Qui cherche miséreux un amour du passé
Virevent, vole, et insuffles en nous ton baiser
Que ton triste courroux puisse enfin s'apaiser...

Marie T., 28 janvier 2016

8 janvier 2017

I still like the Rain – Sonate silencieuse pour Hideki

« J’aime toujours la pluie » a-t-il dit, « celle qui glisse et qui mouille », celle qui pénètre, engloutie et asperge.
C’est un visage aveugle, perdu dans l’ombre nostalgique, tendant, tremblante, la main du mendiant. Il y a la pluie, qui, goutte par goutte, rend son âme humblement au sol déjà marécageux. Et doucement, l’image rend toute sa tristesse, et comme la pluie, engloutissante, nous guide dans l’immersion de la rêverie.
Le silence sonate, seuls les rythmes inhabituels qui pleuvent sur eux.
Aucuns parfums, aucunes images, aucuns mètres et aucuns temps, aucunes règles. Seulement un rythme continuel, évasion d’une soirée.
« J’aime toujours la pluie » a-t-il dit, « M’accorderiez-vous cette danse ? », celle qui nous engloutira et nous aspergera de l’eau du ciel.
C’est une innocente candeur, et translucidement blonde, souriant sans relâche à cette personne sans yeux. Elle qui peut voir des siens, au-dessus des joues rosées de gêne… mouillés de larmes, mêlées de pluie. À elle qu’on tend la main de l’enfant implorant, elle ne fait que souffler une réponse inaudible et positive…
Le tintement insatiable des gouttes qui tombe de la voûte céleste, accompagnées des derniers éclats de leur yeux tristes. Un, deux, trois… la valse prend forme sans répit, et le rythme non calculé s’accorde avec le silence sonate.
 C’est la fraîcheur et la violence des pleurs du ciel qui garde leur transe. Un, deux, trois, jusqu’à ce que la mort…
« J’aime toujours la pluie » a-t-il dit, « et malgré la mort, je me sentirai vivre », pour celle qui sourit de plus belle à l’aveugle.
« I still like the Rain » a-t-il dit, « Je voudrais qu’elle ne s’arrête jamais ».

Jozanie – 23 avril 2008 ~Hideki

Dessin par Eki-Keiko

Sans titre (inspiré de la vue extérieure en cours de français)



Loin, loin de là
            Je peux voir
                        Les feuilles se mouvoir
D’où je me noierai de toi

À l’aube, sinistre, la rivière
            S’immisce entre nos âmes
                        Le souffle court, tu dors, hier
Je serai de nouveau flamme



Jozanie - Novembre 2014