4 avril 2023

La pleureuse

Accostée à l’azur de la berge
Sa figure astrale s’immerge
Par ses brins en longueurs
Elle sonde les profondeurs

À la lune, on l’entend chanter
Des hymnes sourds et hantés
Par de lourds souvenirs
Et la promesse d’un Éden à venir

À cœur ouvert, la pleureuse s’harmonise
S’épuise et, de blessures, s’agonise
Elle souffle à poumons vides
Et se châtie de se savoir avide

Ainsi, toutes ses œuvres enfantines
Peintes par son unique chromatine
Se perdent dans les eaux troubles
Et, telles les cendres, s’écroulent

La pleureuse éclate de couleur
Véritablement folle de douleur
Elle s’enflamme à brûle-pourpoint
Et s’abandonne à ses désirs lointains


Joanie Thériault B. – 7 mars 2023, rendez-vous d’écriture La Llorona

Mère-Grand

En ta compagnie, au Lac l’Heureux
Je fonds auprès du feu
Je sais enfin jouir du temps opportun
Et relâcher mon nom d’emprunt

Enfant à la croissance perdue
Trente années de croyances distordues
N’ayant connu que l’ombre de ton étoile
Sous le ciel que nul ne me dévoile

En m’éblouissant aux larmes du soleil
Qui sur ton jardin valeureusement veille
Je renais telles les fleurs de ton Éden
Je rencontre chaque pousse que tu sèmes

Plongeant dans tes yeux d’azur
J’avale l’inspiration sans injures
En dansant sous les feuilles d’automne
Je pleure silencieusement car tu chantonnes

Prête-moi ta peau de mûre femme
Que j’apprenne à nourrir les flammes
Que je sache reconnaitre les mœurs
De mes aïeules, de mes vies antérieures

Mère-Grand
Libère le doute qui boue en mon sang
Et abrite-moi, ton enfant, jusqu’au nouvel an


Joanie Thériault B. – 4 avril 2023, Rendez-vous d’écriture, Peau de phoque, peau d’âme

17 janvier 2019

À la vesprée

Sur la montagne tout là-haut
À la vesprée nous irons
Faire des sauts au-dessus du vide
Admirer le ciel mourant
Regarder d'au-dessus la ville
De plus haut
D'autrement
Se coucher pour cueillir les premières étoiles
Qui tomberont comme des flocons
Du firmament
Toi et moi sur la montagne
À la vesprée nous irons...

Marie T., 10 février 2018 & 17 octobre 2018

19 novembre 2018

Fleur de l’automne (Acte 3)



Fleur de l’automne
Tu censures ta voix, ton cœur
T’enfermes dans le voile hivernal
Et t’endors aux aurores

Joanie Thériault - 17 novembre 2018
Atelier de journal créatif, Centre Élifant

30 octobre 2018

Zénith

Le clair de lune à son zénith
Une brume réconfortante m'enveloppe
Je m'endormirai sur le granit
Trépas, je frappe à ta porte

Que le ciel ou l'enfer m'ouvre
Tant que j'y trouve le repos
Qu'un tapis de roses flétries me couvre
Ma pauvre âme, mon coeur, mes os

La lune est à son zénith
Les fantômes dansent dans l'air
Je m'endors sur le granit
Je m'envole loin de la Terre

Que le ciel ou l’enfer me trouve
La lune veillera, bien haut
Et ce mal étrange qui m’éprouve
Résonnera en écho

Blanche lune, sainte lune à son zénith
En silence un ange passe devant moi
Minuit sonne, la raison nous quitte
À la fin, aurons-nous la foi ?

Le ciel et l’enfer me couvent
Comme un linceul, comme un halo
Et le clair de lune me retrouve
À son zénith, au seuil fragile du chaos.

Marie T., 19 juillet 2017, terminé le 8 août 2017

Le réservoir

Point de non-retour
Au fond de la rivière noire
L'âme béante et déformée
Un hurlement silencieux et sans fin
Tu les entends?
Je les vois presque
Voile subtil
Entre la raison et les incisions
Au fond du réservoir
Flou et noir
Où reposent nos peurs millénaires
Démons sans noms
Au fond de la rivière
Comme une eau calme qui ne dort jamais
Un inconscient
Qui n'est pas en paix.

Marie T., 8 septembre 2017

24 octobre 2018

Post-Études

J’enfouis mon corps las de rigidité
Dans l’eau salie, je saigne le temps
Je perds l’enfant de mon courage
De mémoires vives
De questions maladives
De froideur chétive

Je soupire, essoufflée du travail acharné
De chaque heure vidée, de l’impossibilité
Je plonge, je m’enfonce
Mon esprit anxieux
Dans un doute profond et silencieux
Submergée par la réalité
D’être salariée

Joanie Thériault - 4 octobre 2018
Atelier « Romantisme et fantastique » - Joséane Toulouse