27 mars 2018

Monotonie grise

Tu t’élèves sous mes yeux
Toi, la monotonie grise
Tour de l’ennuie rigoureux
Tu fends mon ciel, tu brises
L’air que j’inspire
De ta tige briquée
Tu fumes les journées
Et mon corps, tu continues de salir.

Joanie Thériault – 26 mars 2018 (vue de la mine à l’heure du travail)

Haïkus

"4 o'clock"

À l'heure de la mort
L'assaut du noir de novembre
Voici l'heure du thé.

Marie T., 10 mai 2017


"18-19"

Cheveux courts vintage
La tête pleine le ventre vide
Mon bras mon coeur saignent.

Marie T., 15 février 2017


''Feux d'artifice''

Feux du ciel d'été
Mon émerveillement semblable
Aux étoiles filantes.

Marie T., 13 août 2017


"Gardien"

Chat de bois qui veille
Lumière du jour t'émerveille
Gardien aux yeux verts.

Marie T., 6 juin 2017


"Grimm"

Octobre et ses feuilles
Dans un rayon vespéral
La forêt du loup.

Marie T., 10 février 2018


"Lune blanche"

Fleur de neige blanche
Folie jusque dans tes songes
La Lune à ta porte.

Marie T., 27 juillet 2017


"Magie"

Petites lumières blanches
Dans le champs papa et moi
La nuit des lucioles.

Marie T., 24 janvier 2017


''Pluie de janvier''

Saison bipolaire
Entre le blanc et le gris
Pluie froide de janvier.

Marie T., 27 janvier 2018


"Requiem"

Devant les cimetières
E dona eis requiem
Pour les âmes en terre.

Marie T., 6 juin 2017


"Rue d'automne"

Lumière incendiaire
Les ors, les jours qui vacillent
Comme un coeur qui saigne.

Marie T., 10 février 2018


''Ruisseaux d'avril''

Je pense à ta voix
L'eau qui ruisselle en avril
Le temps qui s'écoule.

Marie T., 27 janvier 2018


"Violence"

Noir de ton esprit
Un couteau dans ma conscience
Une guerre invisible.

Marie T., 6 juin 2017

Nuit au centre-ville

La chambre d'hôtel est dans le noir. Des lumières pâles orangées éclairent derrière les rideaux. On dirait que la nuit est malade. Le ciel nocturne veille sur nos esprits en perdition. Une autre nuit pour les âmes égarées, oubliées quelque part sur la ligne du temps. Je suis seule avec les démons silencieux. Ils me veillent dans mon insomnie. Un grondement en continu, encore, toujours, puisque c'est la ville. Et que dans ses veines, nos âmes se noircissent. La chambre est sombre, mon coeur est sale. Hier soir un ange dormait à mes côtés. Aujourd'hui plus rien n'est sûr. Ils vous découpent avec leurs ailes de tôle. La chambre est dans le noir, mon coeur l'est encore plus. Derrière les rideaux, dehors, il y a le ciel obscur et orangé, la ruelle et le parking, et, quelque part, d'autres âmes égarées. L'automne approche, c'est ma seule certitude. C'est une nuit impure au centre-ville.

Marie T., 23 septembre 2017 + 31 décembre 2017

24 mars 2018

When you leave your mind

Ta main fatiguée dans la mienne
Nous marcherons sur les bords d'un fleuve endormi
J'attendrai avec toi que le sommeil vienne
Qu'enfin arrive l'oubli
Dans la lumière qui décline
Dans l'ombre délicieuse et divine
L'autre côté du voile nous appelle
Si tu savais comme tu es belle
Oubliant les sacrilèges faits à nos corps
On se rêve, puis on se fait la mort
Dans le tragique de nos baisers noirs
Dans la clarté obscure du soir
Nous caresserons la chair
Nous nous endormirons sous la mer
Les ombres devant nous s'inclinent
Mon amour, ma douce mort,
Ma Morphine

Je veux savoir
Le goût de ta peau
Ta dernière lune et ta grande nuit
Je veux savoir
Quand tu quittes ton esprit...

Marie T., 24 mars 2018

~ Hommage à "Morphine", d'Indochine

15 mars 2018

London Town

I fell captive to your towers
Oh, London Town
Under the rain showers
You sunk me down

I might lose myself
Among the strangers
Forget my soul, lay it to rest
Astray, following lights of dangers

I’ve been around so many times
Ran in circles, through the circuses
A multitude of sound chimes
Ring in my ears, laughs and rictuses

I slumbered in parks of wild
Figuring out the whys of existence
Come again, drink the scenery, child
Whisper your name in the distance

I seemed lonely to all the faces
Embarking wagons, running from casualties
Of routinely trips to all places
All my eyes could see were anomalies

I felt safe within your streets
In my memory, music repeats
“Oh, London Town
Please, keep me around.”

March 15, 2018

1 mars 2018

Les voûtes passées

À la Baie du Nord
M’enfouissant et chassant le sommeil
Je marmonnais à tes oreilles
Alors que de toutes tes planches de bois
Vieilles et défraîchies par les décennies
Tu me renvoyais mes « pourquoi »
Mon cœur lourd était couvert, comme toi,
D’une épaisse poussière.

Sur l’Île Métropolitaine
J’ai apprivoisé ton cousin
Couleur blanc cassé
Seule avec lui, je lui fis part
De toutes mes idées noires
De temps à autre il tentait de me rassurer
D’une chorégraphie de lumière
Et d’ombres feuillues.

Au Champ de Chapeau
En contrée étrangère, une nouvelle voûte
Garnie des tâches des folies d’étudiants passés
Elle ne semblait pas reconnaître le langage
De mes peurs, mais seules les frivolités
Arrivaient à l’émoustiller
Je lui partageai un amour
Qui s’éteignit en mai.

À ma Terre Natale
Le dédale des tuyaux, ses serpents envenimant les murs
J’ai tenté de communiquer avec ses bruits,
Ses craquements, ses rires
Mais l’indifférence résonnait
M’abandonnait à chaque cri du cœur
Dans une solitude post-études
Je découvris la vie d’adulte.

À l’Entre Deux
Mercredi soir, elle m’accueille
Telle la mer, elle ruisselle de vagues inégales
Me chuchote de calmer la tempête
Pour oublier mes perfections obsessives
Elle me somme d’accepter la fluidité
Et d’éveiller en moi la guerrière
Qui hurlait aux cieux égarés

Et aux voûte de mon passé.

Joanie Thériault – Débuté 24 février 2018 – Terminé le 1er mars 2018
Atelier d’écriture libérée Joséanne Toulouse