Loin, loin de là j’entends…
Une sinueuse voix s’éloigne du corps,
Suivant,
glissante, les chemins
Mystérieux des échos du monde…
Et sans fierté, ni confiance, légère et
Abandonnée, la
voix s’étend toujours
Sur des airs qui me tire encore des larmes.
Oh petite fille de la mer! J’ai emplie
Ton océan déjà à
5 ans!
De l’apogée innocente,
J’étais assise
sous tes récifs, et déjà…
Loin, loin ta voix enchanteresse
s’extirpant
De ta bouche
muette, de ton corps silencieux,
De tes formes inégales
À celles d’une illusion.
Comme un mirage,
Tu fends le vent
violement ensablé…
Oh petite fille de la mer! J’emplissais
Ton océan déjà à
11 ans!
Du haut de mon lit bleuâtre et verdâtre,
Je m’imaginais déjà être toi, espérant
Revoir furtivement ton visage blanc.
Loin, loin ton parfum maritime
Enivre
les passants;
Tu les endors
Pour
ne pas qu’ils te voient dansante.
Ta gêne est admirablement rosée,
Autant
de roses que l’eau salée,
À
l’aube éternelle…
Oh petite fille de la mer! J’emplie
Encore
ton océan déjà à 18 ans!
Affaiblie par ton charme,
J’en
perds toutes mes défenses,
Et
de nostalgie j’emplie
Ton
océan.
Loin, loin ta plainte montante
Suit
les vagues mousseuses qui
Se
claquent sans arrêt sur la pierre d’algues.
Et c’est enfin maintenant,
Que
tu tournes ton visage
Noyé
de larmes…
Oh petite fille de la mer! J’emplirai
À
jamais ton océan.
Car aujourd’hui je sais que ta chanson
Était
sans tons hasardeux le bruit
Échoant
de ta plus grande perte…
Loin, loin tu as pleuré
Mes heures
d’enfance innocente,
Mes moments de rêves parallèles,
Mes sauvages 18 ans…
Et toujours j’emplirai
Ton
océan à l’aube figée…
Figée, dans les limbes sinistres
De
l’éternité…
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