8 janvier 2017

I still like the Rain – Sonate silencieuse pour Hideki

« J’aime toujours la pluie » a-t-il dit, « celle qui glisse et qui mouille », celle qui pénètre, engloutie et asperge.
C’est un visage aveugle, perdu dans l’ombre nostalgique, tendant, tremblante, la main du mendiant. Il y a la pluie, qui, goutte par goutte, rend son âme humblement au sol déjà marécageux. Et doucement, l’image rend toute sa tristesse, et comme la pluie, engloutissante, nous guide dans l’immersion de la rêverie.
Le silence sonate, seuls les rythmes inhabituels qui pleuvent sur eux.
Aucuns parfums, aucunes images, aucuns mètres et aucuns temps, aucunes règles. Seulement un rythme continuel, évasion d’une soirée.
« J’aime toujours la pluie » a-t-il dit, « M’accorderiez-vous cette danse ? », celle qui nous engloutira et nous aspergera de l’eau du ciel.
C’est une innocente candeur, et translucidement blonde, souriant sans relâche à cette personne sans yeux. Elle qui peut voir des siens, au-dessus des joues rosées de gêne… mouillés de larmes, mêlées de pluie. À elle qu’on tend la main de l’enfant implorant, elle ne fait que souffler une réponse inaudible et positive…
Le tintement insatiable des gouttes qui tombe de la voûte céleste, accompagnées des derniers éclats de leur yeux tristes. Un, deux, trois… la valse prend forme sans répit, et le rythme non calculé s’accorde avec le silence sonate.
 C’est la fraîcheur et la violence des pleurs du ciel qui garde leur transe. Un, deux, trois, jusqu’à ce que la mort…
« J’aime toujours la pluie » a-t-il dit, « et malgré la mort, je me sentirai vivre », pour celle qui sourit de plus belle à l’aveugle.
« I still like the Rain » a-t-il dit, « Je voudrais qu’elle ne s’arrête jamais ».

Jozanie – 23 avril 2008 ~Hideki

Dessin par Eki-Keiko

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