Les soirées assises, le dos courbé, et illuminée par la seule lumière qui intéressait les pensées. Seule! dans la peur, la misère, la maladie, l’horreur, l’anglais… Et d’un amour qui n’avait ni source ni avenir, s’épanouissant d’abandon quotidien. Oh, souvenirs de cette solitude effroyable moments de longitude, sous l’eau froide et l’étreinte insatiable de la pièce vieillotte… Oh souvenirs de sang craché, du beige détruit des murs qui s’écrasaient sur eux-mêmes. Et aussi, là-haut les fils et les planches brisées, pendues à leur sort depuis tant d’années. Seule! Encore ce soir, dans la pluie intérieure, imaginant soi-même les nuages noirs, et l’eau qui coule et qui coule, qui inonde le corps jusqu’à ce qu’elle l’écrase elle aussi…Parfums de baies, odeurs qui s’agencent à ce rouge craché, harmonieusement engagée avec l’arôme bleue qui envahit les cheveux noirs, et longs, ceux qui tirent et endolorissent le cou. Oh souvenirs de cette souffrance, quelle phobie de la lumière, quel oubli du monde, quel désir mortel. Lueur chandelière, candeur de la baignoire, laquelle les yeux fermés son état pitoyable s’oubliait sans difficulté. Seule! au rythme de l’averse, au désespoir de la nuit, en main l’aiguille violente. Et se demandant pourquoi, et comment, et seulement ne rien savoir en soi, le sel glissant sur les pommettes pommadés se mêlant à un cris sans bruit. Oh souvenirs de la baie du nord, seule! dans la peur, la misère, la maladie, l’horreur et l’anglais…
Jozanie
– 17 avril 2008
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